Marc PERRONE à Porquerolles

Publié le par Emma et Alain Vétillard

Nous sommes allés au concert "Carte blanche" à Marc Perrone

au Festival du jazz de Porquerolles!!!

C'était génial! vous connaissez Marc Perrone???  le voici!!!!

au départ du bateau pour aller sur l'île de Porquerolles:

En attendant devant le fort St Agathe:

et le FABOULOSIO MARC PERRONE:

Il joue de l'accordéon diatonique!!! un vrai régal!!!! voici son site: http://www.marcperrone.net/backup/

Marc Perrone, l'enchanteur

Musicien virtuose, Marc Perrone partage l'affiche avec les plus grands, anime des bals, compose des musiques de film... Malgré une sclérose en plaques, ses doigts volent sur le clavier de son accordéon diatonique. Au fil du temps, il a choisi de considérer sa maladie comme une opportunité de transformation.

"Trois petites notes de musique...", fredonne Marc Perrone sur l'un de ses disques, en étirant son accordéon diatonique (1). Des soufflets, s'évadent poésie et tendresse. L'auditeur chantonne et rêve de bals champêtres. L'homme a une moustache épaisse, des sourcils noirs charbon parsemés de fils blancs et la voix posée. En l'évoquant, son public et ses amis parlent de talent et de grande gentillesse.
Né en 1951, ce fils d'artisans tailleurs italiens grandit dans la cité des 4 000 à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), joue de la guitare, aime le blues, écoute Hendrix et Brassens et déteste l'accordéon, cet instrument "aux flonflons démodés", tant apprécié des parents. À 20 ans, c'est pourtant d'un accordéon diatonique qu'il tombe amoureux en écoutant un groupe de musiciens cajuns à la fête de l'Huma. "Cet instrument me parlait, il était swing, bluesy et chaleureux", dit-il. Il l'apprivoise seul et travaille rapidement avec les plus grands, de Marcel Azzola qui accompagnait Jacques Brel, à Bernard Lubat, Jacques Di Donato ou Michel Portal, des jazzmen qui, comme lui, "aiment explorer des terres inconnues".

Au jazz, Marc Perrone ajoute le folk français, la saltarelle, le musette, la valse... "Il joue beaucoup au feeling, installe instantanément une espèce de chaleur, de complicité avec les gens qui l'entourent. J'ai beau très bien le connaître, je tremble à chacune de ses notes", sourit Marie-Odile Chantran, sa compagne de scène et de vie depuis trente-trois ans. Ensemble, ils donnent des concerts, animent des bals où différentes générations dansent ensemble. Ils aiment organiser des stages de danse, de chant et de musique pour partager le plaisir de l'expression avec d'autres (voir encadré). Marc Perrone compose aussi pour le cinéma, accompagne en direct la projection de grands films du muet et aime transmettre le goût de la musique aux écoliers. D'une agilité incroyable dans le maniement de son accordéon, le musicien souffre pourtant depuis 1976 d'une sclérose en plaques (Sep) qui l'invalide à 60 %. À l'annonce de la maladie Marc Perrone et son accordéon a succédé un moment de dépression puis son regard a changé. "Cette maladie nous ralentit, nous prend du temps, peut-être nous dit-elle qu'il faut poser nos valises, que l'on ne peut pas toujours s'astreindre à tout, dit-il. C'est une maladie étrange, très humaine dans le sens où elle éloigne de la violence du monde que, pour de multiples raisons, nous ne supportions sans doute plus. Lorsqu'on est invalidé, on prend une place à part, on est protégé." Depuis l'annonce de la maladie, il va à l'essentiel, à l'intérieur de lui. "C'est l'un des bénéfices secondaires de la maladie, rit-il, une économie de temps qui permet une disposition de soi-même plus importante." Un regard distancié et positif qu'une longue psychanalyse l'a peut-être aidé à développer.
Aujourd'hui, il envisage la Sep comme une réponse individuelle à une astreinte sociale trop forte, imposée par l'Occident. "La maladie dit “Stop. Il faut passer du temps avec toi-même”, alors que la société oblige à être en avance sur soi, à ressasser des regrets, à ne jamais être dans l'instant." Pour autant, Marc Perrone ne gomme pas les symptômes qui assombrissent la vie : il passe de plus en plus de temps en fauteuil, a besoin de l'aide d'un régisseur lors de ses concerts, doit suivre un traitement pour éviter les poussées... S'il utilise l'homéopathie et privilégie la nourriture saine, l'homme se soigne surtout à la musique, transformant le risque de désespoir en création. Marc Perrone aime d'ailleurs citer son ami Bernard Lubat : "Il faut transformer le souci en souci de la transformation."

Aussi, il travaille, crée, cherche... et reste épaté par les potentiels de l'être humain. Le très bon niveau technique acquis en accordéon avant la maladie lui permet de toujours jouer en virtuose, mais peut-être d'une façon différente. "Face à une impossibilité, on trouve d'autres chemins, on contourne grâce à l'immense plasticité du cheminement neurologique, dit-il. Si l'on n'a plus le même degré de performance dans un endroit, on va l'acquérir dans un autre, il faut accepter que ça se déplace." La pratique lui sert donc de rééducation. "Avec l'expérience, on sait ce qui nous fait du bien. Que de choses perdues, oui, mais que de choses gagnées ! Dans la vie, où que l'on en soit, on acquiert toujours des choses et on peut en imaginer d'autres." Qu'on se le dise...

(1)Avec l'accordéon diatonique, on obtient deux notes par bouton, l'une en fermant le soufflet, l'autre en l'ouvrant. Avec l'accordéon chromatique, on obtient la même note, quel que soit le mouvement du soufflet.

 

 

Publié dans en t'attendant

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article